...MOT A MOT...

Jardin ouvert sur le monde

J’ouvre et je ferme la grille du jardin silencieux comme la détentrice d’une clé merveilleuse qui embellirait les maux et les défaites.

Maudite parmi les maudits, le sol s’effiloche sous mes pieds, les trottoirs se montrent plus hauts à enjamber, la pluie me pénètre.

La terre gondole, je m’accroche aux branches pour éviter les cratères qu’elle me propose…

Je suis le symbole de chair et la crainte des êtres, à moitié morte par mes occupations, à moitié vivante dans mon peu de présence. Me voilà transformée.

Encore en vie mais pas prête de l’oublier, de les oublier.

Les passants disent que je peins des traits noirs sur des vies pleines de couleurs.

Les miennes me reviennent à peine. Les miennes ne sont plus que pastel.

 

Les amoureuses de Dieu, elles, m’acceptent.

Petites amies étranges qui se donnent la main, sautillent en cœur pour adorer l’Unique en choeur !

Elles me montrent que l’amour se dispense du corps, même en étant largement distribué.

Jamais je n’aurais imaginé pouvoir autant les aimer, ces femmes pas tout à fait femmes, ignorant sans doute la volupté, celle que j’aurais encore envie de toucher.

Les images de leur chemin de croix me parviennent. Comme elles je vais bientôt prier dans ce cloître, en détenir la clé, m’endormir sans penser qu’au bout d’un autre monde se trouve mon UNIQUE à moi, celle qui n’appartient pas au cortège de Dieu, celle qui aurait pu s’inscrire dans mes projets à venir.

 

Trop tard pour m’inscrire à la pieuse retraite.

J’ai enregistré trop d’erreurs, fait trop de faux pas.

Les voies du repentir me sont définitivement fermées.

J’ai conscience de mon inutilité mais je vais fréquenter des étales, essouffler des bougies, fatiguer des sols et abîmer des statues, prier le long des autels fleuris.

 

Qui a le droit de me juger ? Toi peut être ? Sinon Dieu ? Je ne crois même pas en lui. Je m’abandonne à ses œuvres mais ce n’est que de courte durée. Le temps de voir s’effacer les douleurs de cette fin d’été. Le temps de lire cette Histoire, de partir en croisade, de penser le voir…j’y ai cru , comme dans cette chanson où « d’autres croient au p’ti Jésus ou à la Bible »..

 

Je me suis endormie en priant, je me suis réveillée en pleurant…j’y croyais, je condamnais, païenne ou mécréante, adulant ou  rejetant.

 

Je me suis penchée dans le vide, j’ai essayé de te retrouver, je me suis trompée, j’ai voulu réparer, je n’ai fait que replonger en espérant revoir une histoire aux prémices incertains, aux délicieux hasards que je n’ai su garder.

 

Qu’ai-je eu en retour ?

Un flot de flous incessants me renvoyant l’image d’un être doué de rien, d’une femme blessée.

Je n’ai réussi qu’à te fracturer, qu’à tenter de me justifier sans atteindre le but, MON but.

 Des aiguilles, des épines, des chairs en mal d’être, en mal d’avoir l’amour comme autre compagnie.

J’ai pris des trains, fait des bagages, défaits des images, refait les cent pas.

J’ai questionné, j’ai attendu, j’ai demandé, j’ai mis en attente mes sentiments, j’étais prête à attendre encore pour un avenir plus radieux.

J’ai répandu les vagues et la tempête, j’ai vécu le vacarme et oublié le calme…j’ai sali, j’ai traîné, j’ai cassé le visage d’un cadeau de promesses.

J’ai manqué le moment où j’aurais du t’aimer malgré tout.

Je suis dans le moment où j’ai encore envie

 de t’aimer par-dessus tout

                                    L.C



Article ajouté le 2009-04-06 , consulté 12 fois

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